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RESIPOL : Présentation

par Daniel Thevenot - publié le

Présentation du programme de recherches RESIPOL : Évaluation de la capacité de bioaccumulation et phytostabilisation des éléments traces métalliques (ETM) par l’Acacia mangium en vue de la réhabilitation des sites pollués

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Résumé

En Côte d’Ivoire, précisément à Abidjan, il n’existe aucune usine de transformation d’ordures ménagères organiques. Les plus recyclables comme le polystyrène, le carton, les métaux, le verre, le textile mais aussi les matériaux contenant des éléments toxiques tels les éléments traces métalliques (ETM) issus de déchets électroniques (batteries de voiture, piles domestiques, certains produits pharmaceutiques, certains pesticides, etc.) ne subissent aucun tri dans les ménages. Lorsque ces ordures ménagères sont transportées sur les décharges, c’est l’ensemble qui est déversé sur des étendues à la fois considérables et variables. La ville d’Abidjan et ses environs comptent à eux seuls quatre principales décharges (Akouédo, Anyama, Kossihouen, Anoumabo). Ces décharges constituent l’exutoire de toute sorte de pollution dont celle des éléments traces métalliques des sols qui menacent indirectement les populations riveraines par leur transfert à la chaîne trophique sol-produits maraîchers-Homme. Aussi, ces produits ne sont-ils pas dangereux pour une classe de population abidjanaise moins nantie qui consomme les eaux des nappes phréatiques aux abords de ces localités via des puits paysans. Pire, en dehors du site de décharge d’Anoumabo situé sur le Quaternaire dont les eaux souterraines ne sont pas directement consommables, Akouédo-Anyama et le Centre d’Enfouissement Technique (CET) se localisent respectivement sur le Continental Terminal (abritant la nappe souterraine desservant toute la capitale économique et ses environs) et sur le socle. Des études ont montré que de 1965 à 2013, plus de 20 millions de tonnes de déchets ont été déversés sur le site d’Akouédo la plus grande des décharges situées à une quinzaine de kilomètre du centre ville d’Abidjan.

Décharge d’Abidjan, Côte d’Ivoire

Protéger une capitale économique de certains polluants, c’est sauver une nation entière mais au-delà, c’est contribuer à sauver la planète entière de cette pollution. L’Etat ivoirien est conscient de ces problèmes de pollution et tente depuis quelques années, de trouver une résolution durable par le lancement de multiples études et projets de traitement des ordures ménagères et de réhabilitation des différents sites de décharges. Si des études et des projets de recherche et/ou d’exploitation se multiplient sur la question de la réhabilitation des sites de décharge, aucun d’entre eux ne s’est cependant penché sur une possible phyto-réhabilitation durable et efficace de ces sites en métaux lourds. La certitude que l’on dispose de nos jours, c’est que les décharges continueront d’accueillir des métaux lourds contenus dans les ordures ménagères, et les produits maraîchers aux alentours et les nappes phréatiques et/ou profondes subiront toujours la menace de la pollution. Face à cette menace qui pèse sur Abidjan, ce projet se propose d’étudier la capacité de bioaccumulation et de phytostabilisation de l’Acacia mangium en symbiose avec la microflore (bactéries et champignons) sur des sites de décharges de déchets municipaux afin d’établir un bilan du cycle biogéochimique des ETM en vue de réhabiliter le site d’Anyama puis celui d’Akouédo beaucoup plus grand. En effet, des études récentes ont montré que l’Acacia mangium est capable de piéger et d’accumuler les ETM dans ses tissus pendant plusieurs années et peut s’avérer ainsi utile dans l’élimination des métaux des sols contaminés.

1. Problématique et présentation du projet

Face à cette menace qui pèse sur Abidjan, ce projet se propose d’étudier la capacité de bioaccumulation et de phytostabilisation de l’Acacia mangium en symbiose avec la microflore (bactéries et champignons) sur des sites de décharges de déchets municipaux afin d’établir un bilan du cycle biogéochimique des ETM en vue de réhabiliter le site d’Anyama puis celui d’Akouédo beaucoup plus grand. En effet, des études récentes ont montré que l’Acacia mangium est capable de piéger et d’accumuler les ETM dans ses tissus pendant plusieurs années et peut s’avérer ainsi utile dans l’élimination des métaux des sols contaminés.

Décharge d’Abidjan, Côte d’Ivoire : état initial avant plantations

Décharge d’Abidjan, Côte d’Ivoire : plantations d’Acacia magnium après 1 an

Décharge d’Abidjan, Côte d’Ivoire : plantations d’Acacia magnium après 2 ans

2. Objectifs

Pour obtenir les résultats escomptés, des méthodes seront appliquées :

  • D’abord un schéma directeur de gestion de la décharge à la commune d’Anyama de sorte à préserver progressivement les superficies qui seront réhabilitées ;
  • La géomicrobiologie pour
    • Caractériser la physico-chimie des sols pollués,
    • Étudier la densité, la diversité et les activités des microorganismes bénéfiques,
    • Étudier l’impact des interactions Acacia mangium/ETM/microorganismes bénéfiques/vers de terre sur la croissance de plants,
    • Étudier l’impact de la présence de vers de terre sur la capacité phytoextraction de l’Acacia mangium,
    • Mesurer la teneur en ETM totale dans la plante et la macrofaune puis étudier son évolution dans le temps,
    • Évaluer l’impact de l’inoculation avec des microorganismes bénéfiques sélectionnés sur la croissance de jeunes plants d’A. mangium cultivés sur les sols pollués et non pollués ;
  • La biogéochimie pour étudier le bilan des flux et la modélisation des cycles biogéochimiques des ETMs dans les parcelles expérimentales d’Acacia mangium sur les sols de décharges de déchets municipaux ;
  • Enfin, l’hydrogéologie et la géochimie isotopique pour étudier le traçage et la dynamique des ETM issus des déchets municipaux dans le sol et dans la zone non saturée et dans les ressources en eaux souterraines en vue de garantir la potabilité des eaux souterraines de consommation et la qualité des produits maraîchers issus des cultures environnantes.

3. Organisation

RESIPOL : tâches

4. Financements

  • République de Côte d’ivoire : Contrat de désendettement et de développement et Projet de partenariat rénové pour la recherche au service du développement de la Côte d’Ivoire (C2D)
  • Institut de recherche pour le développement - IRD via le programme Appui à la modernisation et à la réforme des universités et grandes écoles de Côte d’Ivoire (AMRUGE)
  • République Française

Voir en ligne : IRD : Projet RESIPOL