Présentation d’OCAPI (FR)

Lancé en 2014, OCAPI est un programme de recherche-action publique sur les systèmes alimentation/excrétion et la gestion des excrétats humains. Il s’intéresse aux cycles biogéochimiques dans les territoires et en particulier aux flux de nutriments issus des  excrétions humaines. OCAPI participe à réouvrir le débat sur les modalités de gestion des urines et matières fécales humaines et les  multiples possibilités de gestion alternatives au tout-à- l’égout, communément appelées «séparation à la source». Le programme est porté par le Laboratoire Eau Environnement et Systèmes Urbains (LEESU) de l’Ecole nationale des ponts et chaussées et soutenu en particulier par l’Agence de l’Eau Seine Normandie, l’Agence de l’Eau Adour Garonne et l’ADEMEPour en savoir plus.

UNE APPROCHE SYSTÉMIQUE ET INTERDISCIPLINAIRE

La séparation à la source des excrétats pour leur valorisation agricole fait face à un important verrouillage sociotechnique  : malgré ses nombreux avantages, sa diffusion est freinée par l’organisation du système en place (réglementation, modèles économiques, connaissances des acteurs, représentations, investissements passés, etc.). Il convient donc d’aborder le sujet en tenant compte de l’ensemble des dimensions en jeu. C’est pourquoi les recherches menées au sein du programme OCAPI suivent une démarche systémique, étudiant de concert les différentes échelles et dimensions convoquées par le sujet de la séparation à la source : questions techniques, logistiques, agronomiques, politiques, économiques, culturelles se croisent ; de multiples acteurs et savoirs demandent à se rencontrer pour contribuer aux transformations en cours.

Face à un sujet complexe qui comporte de nombreuses facettes, les recherches menées se déclinent selon 8 axes qui dialoguent étroitement entre eux : métabolisme, agricultures, dynamiques sociales, santé, procédés, démonstrateurs, animation, création artistique.


MÉTABOLISMEQuantifier les flux biogéochimiques, examiner la soutenabilité des systèmes alimentation/excrétion du point de vue de l’écologie territoriale et dans des perspectives de long terme (histoire et prospective).

AGRICULTURESApporter des éléments de réponse aux questions soulevées par l’utilisation des fertilisants issus des excrétats humains par des acteurs agricoles

DYNAMIQUES SOCIALESÉtudier les trajectoires de déploiement de la séparation à la source en fonction des configurations territoriales, les retombées sur les relations entre systèmes techniques, expériences et institutions, et les transformations des savoirs et imaginaires dans un contexte de transition écologique.

PROCÉDÉS : Etudier les procédés de traitement et de valorisation des excrétats humains, en particulier celui de la cryo-concentration de l’urine.

SANTÉÉtudier les enjeux sanitaires contemporains liés à la gestion des urines et matières fécales humaines, en particulier pour les micropolluants, les pathogènes et la « santé globale » (humains, autres vivants, écosystèmes).

DÉMONSTRATEURSAssurer le suivi socio-technique de filières en émergence, mener des projets pilotes.

ANIMATIONFédérer et accompagner les acteurs pour la mise en œuvre de la séparation à la source.

RECHERCHE-CRÉATION : Aborder de façon sensible les enjeux métaboliques contemporains, en collaboration avec des artistes.

UN PROGRAMME DE RECHERCHE TOURNÉ VERS L’ACTION

Le programme OCAPI est de facto devenu centre de ressources national sur la séparation à la source. Sa démarche est celle d’une recherche-action impliquée, visant à éclairer et favoriser la montée en compétences des acteurs – principalement publics – qui s’engagent dans une transformation de nos modes de gestion des urines et matières fécales humaines vers la sobriété, la circularité, la préservation des ressources en eau et des milieux aquatiques et une gestion en bien commun.

HISTORIQUE DU PROGRAMME DE RECHERCHE

La première phase du programme OCAPI (2015-2018), principalement portée par Fabien Esculier (LEESU) et le comité de pilotage OCAPI, se concentrait sur la (non)-soutenabilité des systèmes alimentation/excrétion des villes occidentales, et la transition vers des régimes circulaires. L’accompagnement de projets franciliens de séparation à la source en faisait également partie. La thèse de Fabien Esculier (2018) rassemble une grande partie des résultats la première phase d’OCAPI.

En 2018, l’équipe s’agrandit et les recherches et actions sont structurées autour de 5 axes : métabolisme, agricultures, dynamiques sociales, démonstrateurs et animation. Une série de publications académiques et en direction des acteurs de terrain en découle (voir notre bibliothèque), ainsi que la création du groupe de travail Séparation à la source au sein de l’association ARCEAU IDF.

Depuis, l’équipe et les productions se sont largement étoffées, avec un focus sur les retours d’expérience, ainsi que trois nouveaux axes : santé, procédés et création.