Agrocapi

Le projet Agrocapi concerne la valorisation des matières issues de pratiques d’assainissement écologique en Ile-de-France. Il s’appuie sur une approche agronomique (projet doctoral conduit par Tristan Martin) et une étude sociologique auprès des agriculteurs franciliens (étude menée par Florent Brun).

Contribution à l’économie circulaire : Étude de filières agronomiques de valorisation de sous-produits issus de techniques alternatives d’assainissement.

Responsable : Tristan Martin. Projet doctoral entamé en 2018, sous la direction de Sabine Houot, Christine Aubry et Fabien Esculier, laboratoire ECOSYS, INRA.

Epandage d’urine au lac Bornsjön, Suède (Johansson, 2000)

Les techniques alternatives d’assainissement sont une innovation prometteuse pour la transition énergétique et environnementale ainsi que le développement d’un métabolisme urbain durable. Aujourd’hui, le recyclage des nutriments des eaux usées est faible, seulement 4% de l’azote et 41% du phosphore présents dans les eaux usées de la région parisienne sont actuellement recyclés alors que la consommation en engrais azotés francilienne pourrait être couverte par les excrétions de l’agglomération parisienne. Cette valorisation est notamment possible via les urines, qui comportent la majeure partie de ces nutriments et qui de plus, sont peu chargées en polluants. Ce projet se situe à l’interface entre différentes disciplines (agronomie, chimie, sociologie, etc) et a pour sujet l’étude de filières de valorisation de sous-produits issus de techniques alternatives d’assainissement. L’objectif à terme étant de proposer un paradigme alternatif au « tout-à-l’égout » dans la gestion des eaux usées. Les différents sous-produits seront caractérisés selon leur intérêt agronomique, leur composition en polluants et des essais au champ permettront de quantifier ces intérêts agronomiques. Les freins, leviers et synergies liés à la pratique seront étudiés auprès des acteurs des filières en relation avec un bilan environnemental et économique de différentes filières. Il fera l’objet d’une collaboration entre plusieurs équipes pluridisciplinaires de l’IDEX (UMR ECOSYS, SAD-APT) et franciliennes (LEESU, et METIS) sur les différentes thématiques.

 

Etude sociologique sur les perceptions et représentations de l’utilisation de l’urine comme engrais dans le secteur agricole en île de France

Responsable  : Florent Brun

Dans l’optique d’une gestion cyclique des nutriments (Azote, Phosphore et Potassium en tête) en milieu urbain, l’implication du secteur agricole s’avère cruciale pour « boucler la boucle  ». En effet, les agriculteurs occupent une position clé, en tant qu’acteurs principaux de la valorisation des nutriments issus des filières d’assainissement. Cette étude vise donc à étudier les perceptions et représentations liées à l’utilisation de produits dérivés de l’urine humaine comme engrais. En s’intéressant aux préférences des agriculteurs en fonction de leurs pratiques (sous forme solide ou liquide par exemple), il s’agit aussi d’estimer leur volonté d’aller vers une approche circulaire gage de durabilité. Il s’agit également de répondre à une demande émise par le secteur agricole d’implication dans les choix de la ou des filières d’assainissement dans lesquels ils sont impliqués.

Plusieurs thèmes sont abordés dans l’étude, tels que  :

  • le pouvoir fertilisant des produits de l’urine,
  • le statut des produits de l’urine (déchet vs produit),
  • le coût des engrais,
  • la gestion circulaire des nutriments,
  • l’identification des meilleures filières de gestion de l’urine au regard des pratiques agricoles.

Située au dernier maillon de la chaîne (la valorisation), cette étude qui implique le secteur agricole doit permettre, en concertation avec les autres parties prenantes, de structurer les différents maillons amont composant la filière d’assainissement de l’urine (à savoir interface usager, collecte, transport et traitement).

La première phase de l’étude (avril à septembre 2018) repose sur des entretiens semi-directifs réalisés auprès de maraîchers et céréaliers en agriculture biologique ou conventionnelle et d’institutions assurant l’encadrement technique et réglementaire du monde agricole.

La deuxième phase de l’étude est une enquête quantitative à l’échelle de l’île de France (fin 2018-début 2019).

Infographie présentant les différentes filières de valorisation de l’urine au champ       (F. Brun, M. Legrand)

Publication :

Florent Brun, 2018. Freins et leviers à l’emploi de fertilisants à base d’urine humaine en agriculture en Île-De-France. 87 p. rapport de recherche